Edvard MUNCH - Fiche Artiste / Biographie
Citations : "L'art naît avec le besoin de livrer son être à un autre. Et tous les moyens se valent." - "La maladie, la folie et la mort étaient les anges noirs qui se sont penchés sur mon berceau et m'ont accompagné toute ma vie." - "On ne devrait pas peindre des intérieurs avec des gens qui lisent et des femmes qui tricotent. On devrait peindre des gens vivants qui respirent, sentent, souffrent et aiment."
Artiste / Introduction : Le nom d'Edvard Munch (1863-1944) évoque les visages déformés par l’angoisse et les ciels incandescents typiques de l’expressionnisme. Le peintre norvégien était aussi un écrivain prolifique. Pour Munch, l’art n’était pas une simple esthétique ou une reproduction de la réalité, mais un exutoire destiné à traduire les tourments de l’âme humaine. Ses écrits personnels, journaux et correspondances révèlent un homme hanté par les « anges noirs » de son enfance (maladie, deuil, fragilité mentale) qu'il a réussi à transformer en force créatrice pour un art vivant, organique et psychologique.
Biographie / Enfance : Fils d'un médecin militaire très puritain, religieux et mystique, Edvard Munch naît le 12 décembre 1863 à Loten (Norvège). Sa mère, issue d'une famille paysanne, meurt prématurément de la tuberculose. Edvard a lui-même une santé fragile (bronchites, fièvres...) et un corps chétif. L'une de ses sœurs décède de phtisie, une autre tombe en dépression et passera sa vie à l'asile, et son frère succombe à une pneumonie, peu après son mariage.
La vocation de Munch pour la peinture est contrariée par son père, autoritaire et colérique. Mais il parvient à étudier l'art et dessine déjà L'Enfant malade (évocation de sa grande sœur).
Rupture : Malgré le poids des deuils familiaux, Munch s'installe à Christiania (l'actuelle Oslo). Sous l'influence de l'écrivain anarchiste Hans Jæger, il commence à suivre ce précepte radical : "Tu dois écrire ta propre vie". Pour Munch, cela signifie peindre ses traumatismes. En 1889, il part pour Paris grâce à une bourse d'État. C'est le choc de la modernité. Il découvre le post-impressionnisme et aussi la solitude urbaine. Il rédige son célèbre Manifeste de Saint-Cloud, où il jure de ne plus peindre de scènes de genre banales, mais de se concentrer sur les émotions pures : l'amour, la peur et la mort.
L'ascension : En 1892, une exposition de ses œuvres à Berlin provoque un scandale. Le public est horrifié par son style et sa violence émotionnelle. Loin de le décourager, cet épisode lui apporte une célébrité immédiate et sulfureuse. C’est durant cette période féconde, entre Berlin et Paris, qu’il conçoit son chef-d'œuvre conceptuel : la Frise de la Vie. Il y regroupe ses toiles les plus emblématiques, dont Le Cri (1893). À travers ce cycle, il explore les cycles de l'existence et la relation complexe, souvent dévorante, entre l'homme et la femme.
La crise : Le rythme de vie effréné, l'alcoolisme et une liaison tumultueuse avec Tulla Larsen finissent par briser sa santé mentale. En 1908, après une crise de paranoïa, il entre en clinique au Danemark. Ce séjour marque un tournant : Munch s'apaise. Il retourne en Norvège, où il s'installe à Ekely. Ses œuvres deviennent alors plus lumineuses, tournées vers la nature et le travail de la terre, comme en témoignent ses peintures murales pour l'Université d'Oslo. Il meurt paisiblement le 23 janvier 1944, laissant derrière lui une œuvre colossale (des milliers de gravures et tableaux) qui a ouvert la voie à l'expressionnisme moderne.
Dans cette vidéo, une très belle biographie d'Edvard Munch (9'14)
Découverte - Grâce à ce cahier qui s'utilise sur 2 années scolaires (Cycle 3), les élèves prennent plaisir à aborder les différentes cultures et pays. Toute l'histoire, tous les styles, tout le vocabulaire. Fuzeau : 4,20